Techniques de cannage

Deux techniques de montage sont principalement pratiquées dans nos ateliers : le cannage manuel selon des techniques traditionnelles et le cannage mécanique suivant une logique industrielle.
Nous nous adaptons à l'existant dans la cas d'une rénovation. Le choix du type de cannage dépend avant tout de la fabrication du châssis bois à canner.
cannage traditionnel

Introduction

Le respect de la technique de cannage garantit la durabilité et l’esthétique du travail effectué par l’artisan canneur.
Le cannage traditionnel, entièrement réalisé à la main, utilise en général six lanières de canne de rotin tressées sur un châssis en bois : deux horizontales, deux verticales et deux diagonales.
Cette technique traditionnelle porte donc aussi le nom de du cannage français à 6 brins. Il y a 2 sortes de cannage traditionnel, à l’ancienne.
Technique traditionnelle 1 : le cannage traversé ou cannage français classique à 6 brins pour assises
Technique traditionnelle 2 : le cannage chevillé-collé (également à six brins) pour dossiers
L’autre technique de cannage est le cannage industriel. Il est aussi appelé cannage mécanique.

Cannage traversé ou cannage français classique à 6 brins

Ce cannage traditionnel, travail totalement manuel, est la technique la plus connue. C’est un technique à l’ancienne.
C’est une technique à l’ancienne.
Il consiste en un tissage fait main, brin par brin, où la canne traverse le châssis percé de trous.
Le cannage traditionnel est une technique de tissage manuel, brin par brin, où la canne est entrelacée à travers un châssis percé de trous.
Ce procédé minutieux consiste en un tissage en six directions : deux horizontales, deux verticales et deux diagonales, d’où l’appellation cannage français à 6 brins.
Les brins de canne en rotin sont soigneusement raboutés et noués pour former un seul long fil continu. Cette technique de cannage est couramment utilisée pour les assises de sièges anciens, car elle est reconnue pour sa robustesse.
En plus de sa solidité, le cannage offre un rendu esthétique unique. Le choix du calibre des brins est rigoureusement adapté à l’écartement des trous, avec un calibre spécifique pour les diagonales, ce qui donne du relief et de la texture au tissage. Cela contraste avec le cannage mécanique, où tous les brins sont de même épaisseur.
Pour les sièges d’époque ou les meubles de style du XIXe siècle, la technique de cannage permet de reproduire fidèlement le tissage original. Lors de la restauration, il est possible de ne restaurer qu’une partie du cannage, par exemple lorsque seule l’assise est endommagée et que le dossier est encore en bon état. Le modèle de cannage d’origine peut alors être reproduit avec soin.
Les brins de canne existent en plusieurs calibres, variant de 1,6 à 4 mm. Le choix du calibre dépend de l’écartement entre les trous sur le siège. Plus ces trous sont rapprochés, plus le brin de canne utilisé devra être fin, assurant ainsi un tissage harmonieux et durable.

Cannage collé chevillé

Le cannage collé chevillé est également technique entièrement manuelles appartenant à la catégorie de cannage français classique à six brins.
C’est une technique à l’ancienne.
Contrairement au cannage traversé, cette méthode, apparue au XIXe siècle, est spécifiquement réservée aux dossiers et joues de fauteuils ou canapés, là où l’arrière visible ne doit pas laisser apparaître de nœuds.
Dans cette technique de cannage, les trous ne traversent pas le châssis, ils sont dits “borgnes”. Les brins de canne, coupés à dimension, sont insérés un par un dans chaque trou, puis fixés avec précision à l’aide de colle et maintenus par des chevilles en laiton. Chaque étape du processus (ourdissure, monture et garniture) nécessite une attente complète du séchage avant de passer à l’étape suivante.
La technique de cannage demande une grande minutie lors de la finition, qu’il s’agisse d’une finition chevillée ou de la pose d’un brin de recouvrement. Chaque trou est traité individuellement, recevant son propre “petit pont” de canne prédécoupé et collé, ce qui exige une extrême patience et précision : un véritable travail de fourmi.
Bien que cette technique de cannage prenne plus de temps à réaliser que le cannage traversé, elle est moins résistante et n’est donc pas adaptée pour les assises. Elle reste toutefois idéale pour les éléments décoratifs tels que les dossiers et les joues.

Cannage mécanique

Le cannage mécanique est rentré en force dans une gorge et collé.
Cette technique est généralement utilisée dans la fabrication industrielle des sièges ou des lits cannés.
Cette technique industrielle est appliquée indifféremment sur assises et dossiers.
Parfois il accompagne en décoration le mobilier rotin.
Ce technique de cannage est appelée aussi technique “pré-canné” ou “pré-tissé”, également connue sous le nom de cannage industriel.
Elle est couramment utilisée pour les sièges contemporains fabriqués en série. Contrairement au cannage traditionnel, cette méthode repose sur un tissage réalisé industriellement à l’aide de métiers à tisser.
Le cannage pré-tissé se présente sous forme de rouleaux de diverses largeurs et qualités, avec des maillages de tailles variables, le plus utilisé étant le cannage à demi-maille. Bien que produit de manière industrielle, le matériau de base reste 100 % naturel, respectant ainsi l’authenticité du rotin.
Dans cette technique de cannage, le châssis des sièges ne comporte pas de trous comme dans le cannage manuel, mais une gorge spécialement conçue pour y insérer une pièce découpée sur mesure du “tissu” de canne. Cette pièce est ensuite fixée et maintenue à l’aide d’un brin de moelle de rotin, assurant ainsi la finition.
Le cannage mécanique présente un coût inférieur à celui du cannage artisanal entièrement manuel. Cependant, il ne peut égaler le rendu esthétique, la finesse et la minutie des finitions que procure un cannage traditionnel. De plus, la solidité de cette technique reste moindre en comparaison.
Le cannage industriel peut être comparé au prêt-à-porter, tandis que le cannage traditionnel s’apparente à de la haute couture, offrant une qualité et une élégance supérieures.

Reconnaître la différence entre le cannage traditionnel et le cannage industriel

Il est essentiel de connaître la différence entre le cannage traditionnel et le cannage industriel pour plusieurs raisons, surtout si vous êtes sur le point de restaurer un meuble canné à l’ancienne.
Qualité et Esthétique : Le cannage traditionnel, entièrement fait à la main, offre une finition beaucoup plus raffinée, minutieuse et personnalisée. Chaque brin est tissé un par un, apportant une texture unique et un rendu authentique. Le cannage industriel, bien que pratique pour des productions en série, n’atteint pas le même niveau de finesse et d’esthétisme. Pour des meubles d’époque ou de haute qualité, le cannage traditionnel est souvent préféré.
Si le cannage industriel, ou “pré-canné”, est une matière première tout à fait appropriée pour des sièges contemporains ou conçus spécifiquement pour ce type de cannage, des problèmes surviennent lorsqu’il est utilisé sur des pièces traditionnelles pour imiter un véritable cannage tissé brin par brin.
Dans de tels cas, il est souvent présenté comme un cannage traditionnel, sans que le client ne soit pleinement informé. Ce dernier peut se retrouver avec un siège non seulement mal canné, mais souvent aussi endommagé. Pour faire tenir le cannage industriel dans les trous des châssis conçus pour le cannage manuel, des méthodes inappropriées comme l’utilisation excessive de colle, de grosses chevilles de rotin ou de bois, ainsi que des agrafes et des clous sont employées. Ces procédés non seulement nuisent à l’apparence du siège, mais compromettent aussi sa structure.
Il est important de noter que, parfois, le travail est si bien réalisé que même un œil non professionnel peut avoir du mal à distinguer un cannage industriel d’un cannage traditionnel, aussi bien du dessus que du dessous du siège. Cela souligne l’importance pour le client d’être prévenu et bien informé avant toute restauration ou achat. Si le client donne son accord en connaissance de cause, il n’y a rien à redire. Cependant, ce manque de transparence est fréquent, et le client se retrouve avec un produit de moindre qualité, réalisé plus rapidement et avec des méthodes qui ne respectent ni l’authenticité ni la durabilité du cannage traditionnel.
Durabilité et Résistance : Le cannage traditionnel est connu pour sa robustesse, surtout dans des usages intensifs comme les assises. Le tissage à la main est plus serré et solide, tandis que le cannage industriel est moins résistant, car le matériau est simplement serti dans une gorge sans la même attention aux détails structurels.
Valeur du Meuble : La technique utilisée influence la valeur d’un meuble. Un meuble avec un cannage traditionnel a souvent plus de valeur sur le marché, que ce soit en termes de prix ou de longévité. Le cannage industriel, lui, convient aux meubles contemporains produits en série, mais il n’a pas la même valeur patrimoniale ou esthétique.
Restauration et Authenticité : Dans le cadre de la restauration de meubles anciens ou de style, il est crucial de savoir quelle technique de cannage a été utilisée à l’origine pour garantir une restauration fidèle. Un cannage industriel ne peut pas remplacer le travail manuel d’un cannage traditionnel si l’on veut respecter l’authenticité de l’objet.
Coût et Budget : Si vous achetez ou faites restaurer un meuble, connaître la différence vous permet de mieux comprendre la variation des prix. Le cannage traditionnel étant plus long et plus complexe à réaliser, il coûte naturellement plus cher. Le cannage industriel, quant à lui, est moins cher mais convient à des meubles plus récents ou moins prestigieux.
Comprendre ces différences permet donc de faire des choix éclairés en fonction de ses besoins, de ses goûts et de son budget, tout en respectant l’intégrité et l’histoire des meubles.
C’est surtout s’assurer de refaire le cannage de votre chaise à l’ancienne selon les règles de l’art pour garder l’esprit de cette dernière.
Découvrir la différence entre le cannage manuel et le cannage industriel